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Biographie d'Octave MIRBEAU (chronologie)ANNÉES D'APPRENTISSAGE
1848. Le 16 février, naissance à Trévières (Calvados) d'Octave-Marie-Henri Mirbeau. Son père, Ladislas-François, est officier de santé. 1849. En septembre, la famille Mirbeau vient s'installer à Rémalard (Orne).
1859. Le 12 octobre, il entre comme pensionnaire au collège Saint-François-Xavier de Vannes. Il y passe quatre ans d'"enfer". 1863. Il quitte le collège le 9 juin, renvoyé dans des conditions plus que suspectes, qu'il évoquera dans Sébastien Roch (1890).
1864. Poursuit ses études, médiocres, à la pension Saint-Vincent de Rennes. 1865. Prépare son baccalauréat à la pension Delangle (Caen). 1866. Le 7 mars, devient bachelier ès lettres à la troisième tentative. S'inscrit le 14 novembre à la Faculté de Droit de Paris. Amitié avec Alfred Bansard des Bois. 1867. Se morfond dans l'étude de Maître Robbe, notaire à Rémalard. Échoue à son examen de droit. 1868-1869. Mène à Paris une vie de plaisirs. S'endette. Doit rentrer à Rémalard. 1870. Le 8 juillet, mort de sa mère. Après la déclaration de la guerre à la Prusse, le 19 juillet, il est mobilisé dans la garde mobile de l'Orne. Le 27 septembre, il est promu lieutenant. Le 14 décembre, malade, il va se faire soigner au Mans, puis à Alençon. 1872. Accusé de désertion, il est innocenté en septembre. PROLÉTAIRE DE LA PLUME
1873. Secrétaire de Dugué de la Fauconnerie, ancien député bonapartiste de l'Orne, et nouveau directeur de L'Ordre de Paris, ce qui lui permet de s'évader de l'ennui de Rémalard. Écrit des éditoriaux politiques anonymes. 1874. Compte rendu du Salon, signé R. V.. Rédige Les Calomnies contre l'Empire, brochure signée Dugué, diffusée à 650 000 exemplaires. 1875. Nouveau compte rendu du Salon, sous pseudonyme. Le 19 octobre, Mirbeau signe son premier article à L'Ordre. Il fréquente le milieu de La République des lettres de Catulle Mendès. Nouvelle brochure signée Dugué, Si l'Empire revenait. 1876. Tient la chronique théâtrale à L'Ordre. Troisième compte rendu du Salon, où il éreinte de nouveau les académistes.
1877. Le 16 avril, au restaurant Trapp, en compagnie de Maupassant, Huysmans, Hennique, Céard et Alexis, rend hommage à Flaubert, Goncourt et Zola. Après le coup de force de Mac Mahon, le 16 mai, le baron Gaston de Saint-Paul le fait nommer chef de cabinet du préfet de l'Ariège jusqu'au 15 décembre. À Foix, il collabore anonymement à L'Ariégeois, journal bonapartiste. 1878. À Foix, dirige L'Ariégeois. Querelles clochemerlesques. 1879. Après la mort de Saint-Paul, retour à Paris. Devient secrétaire d'Arthur Meyer, nouveau directeur du Gaulois.
1880-1881. Collabore au Gaulois, où il signe Tout-Paris une chronique quotidienne, "La Journée parisienne", et à Paris-Journal. Fréquente la Bourse et travaille pour Paribas. Liaison agitée avec Judith Vimmer. 1882. Perd probablement des plumes dans le krach de l'Union Générale et accumule les dettes. Publie des Petits poèmes parisiens au Gaulois. Bilan négatif de sa vie de "prolétaire des lettres" dans un conte en forme de confession, "Un Raté". Entre au Figaro, dont il est chassé fin octobre, au lendemain de son pamphlet à scandale sur "Le Comédien". Publie L'Écuyère, sous le pseudonyme d'Alain Bauquenne. 1883. Rédacteur en chef de Paris-Midi Paris-Minuit, biquotidien d'informations rapides. Rédacteur en chef des Grimaces - pamphlet hebdomadaire anti-opportuniste, à forts relents d'antisémitisme, qui le rapproche des radicaux. Il y fait le procès de "la finance républicaine". Publie, sous pseudonyme, Ménages parisiens, La Maréchale et Noces parisiennes.
1884. Miné par un amour destructeur pour l'infidèle Judith, il se réfugie en Bretagne, à Audierne, où il se remet lentement. Il écrit La Belle Madame Le Vassart. Retour à Paris en juillet. Randonnée de Marlotte à Bourbon l'Archambault, évoquée dans Sac au dos. Envoyé en reportage à Versailles pour le congrès. VERS LA RÉDEMPTION
Été-automne 1884 : Collabore au Gaulois, à L'Événement, puis à La France où il commence à publier ses Notes sur l'art. Début de sa liaison avec une ancienne actrice et horizontale de haut vol, Alice Regnault. 1885. Le 14 janvier, fait son mea culpa pour son antisémitisme passé. Pour le compte de François Deloncle, fait paraître de pseudo-Lettres de l'Inde dans Le Gaulois, ainsi que des Chroniques du Diable dans L'Événement. Publie sous pseudonyme Dans la vieille rue et Amours cocasses. Entame un combat de longue haleine en faveur de Monet et de Rodin, qui deviennent ses meilleurs amis. Sous l'influence de Tolstoï et de Kropotkine, adopte des positions nettement anarchisantes. Est accusé d'avoir voulu revolvériser Gyp, comtesse de Martel, journaliste et romancière antisémite, qui a attaqué Alice dans un roman à clefs et à scandale, Le Druide ; obtiendra un non-lieu. Séjour au Rouvray (Orne). Parution des Lettres de ma chaumière.
1886. Publie son dernier roman "nègre", La Duchesse Ghislaine. Collabore au Matin et au Gil Blas. Séjour à Noirmoutier. Parution du Calvaire, fin novembre : succès de scandale, à cause du chapitre II sur la débâcle de 1870. Envisage d'en écrire une suite, La Rédemption.
1887. Le 25 mai, à Westminster, il épouse en catimini Alice Regnault (à droite), ce qui le met au ban de l'hypocrite "bonne société". Fin juin, s'installe à Kérisper (Morbihan), où il travaille à L'Abbé Jules, fortement influencé par Dostoïevski, dont il vient d'avoir la "révélation". Le Château de Kérisper :
1888. 13 mars, sortie de L'Abbé Jules chez Ollendorf. Vive admiration de Mallarmé. Absurdement accusé par des lettres anonymes d'avoir participé à un trafic de décorations ; obtient un non-lieu. Appelle à "la grève des électeurs" le 28 novembre.
1889. Le 31 mai, s'installe à Levallois, puis déménage en août pour les Damps, près de Pont de l'Arche (Eure). La Révolte, journal anarchiste de Jean Grave, commence à reproduire ses articles. 1890. Passe l'hiver à Nice et à Menton. Fin avril, publication chez Charpentier de Sébastien Roch : médiocre succès, dû à une véritable conspiration du silence : le sujet, scandaleux, en est le viol d'un adolescent par un jésuite. LES GRANDS COMBATS
Été-automne 1890 : Mirbeau lance Maeterlinck par son article du Figaro le 24 août. Se rallie officiellement à l'anarchisme dans "Jean Tartas".
1892. Début de l'amitié avec Pissarro. Engagement aux côtés des anarchistes. Arrestation de Ravachol. Le 1er mai, article sur Ravachol. Commence à collaborer au Journal, où il restera dix ans ; il y est grassement rémunéré. Publie Dans le ciel en feuilleton dans L'Écho de Paris. 1893. En février, s'installe à Carrière-sous-Poissy. Préface La Société mourante et l'Anarchie de Jean Grave. S'insurge contre l'expulsion d'Alexandre Cohen, anarchiste néerlandais. 1894. S'engage à fond dans la défense des intellectuels anarchistes : Félix Fénéon, Jean Grave, Elisée Reclus, Laurent Tailhade. Défend le pédagogue libertaire Paul Robin. Sa crise morale atteint son paroxysme. Création de Vieux ménages, le 20 décembre. 1895. Début de son amitié avec Georges Clemenceau. Prend la défense d'Oscar Wilde. Publie en feuilleton En mission. 1896. Amitié avec Rodenbach. Attaque les responsables de l'intervention militaire française à Madagascar.
1897. Cure à Luchon. Installation à Paris, boulevard Delessert. Demande, dans Le Journal du 28 novembre, la révision du procès d'Alfred Dreyfus. 15 décembre : première des Mauvais Bergers, avec Sarah Bernhardt et Lucien Guitry ; gros succès, mais qui ne sera pas durable.
1899. Collaboration au Journal du Peuple de Sébastien Faure. Le 13 juin, parution du Jardin des supplices. Poursuit son combat dreyfusiste à L'Aurore. Assiste avec indignation au procès de Dreyfus à Rennes. Sa nouvelle condamnation, inique et absurde, le désespère.
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